lundi 7 septembre 2026

Rentrée scolaire et mécanisation

Mardi dernier, on était le 1er septembre.

Mardi dernier, c'était la rentrée scolaire.

On a l’habitude, depuis quelques années, que la rentrée scolaire soit dès début septembre, mais quand j’étais enfant et que j’usais mes jeans sur les bancs de l’école primaire, elle se déroulait plutôt aux alentours du 15 septembre.

Les premières « grandes vacances » datent de la première partie du XIXe siècle. Elles ont été instaurées d’après Claude Lelièvre, historien de l’éducation, pour les enfants d’aristocrates et de bourgeois qui fréquentaient collèges et lycées et devaient rejoindre leur famille en villégiature à l’été.

Mais cela concerne le secondaire et pas le primaire où va la majorité des petits Français.

Pour ce dernier, en 1834, le ministre de l’instruction publique, François Guizot, limite les grandes vacances à 6 semaines et laisse leurs dates à l’appréciation des comités d’arrondissement.

Qu’est-ce un comité d’arrondissement ? Un petit groupe de notables locaux (souvent le sous-préfet et quelques conseillers) qui s’occupait des affaires courantes de leur territoire dont les routes et donc l’éducation scolaire. Ce sont ces notables locaux qui décidaient donc, en fonction des besoins de leur territoire, des dates des vacances scolaires.

Dans les faits, beaucoup d’enfants ne vont pas en cours en dehors des vacances scolaires, car ils travaillent dans les champs. À l’époque, on manquait de bras pour les moissons et l’éducation des enfants restait secondaire. À quoi bon savoir compter, lire, quand sa survie dépend du rendement des cultures ?

Le gouvernement a bien cherché à légiférer pour imposer les cours aux gamins, mais devant l’absolue nécessité de leur présence dans les champs, il a dû se résoudre à créer des exceptions. Il fallait bien nourrir le pays.

Ce n’est qu’en 1938, avec l’instauration des congés payés sous le Front populaire deux ans plus tôt, que les dates des vacances scolaires du primaire et du secondaire seront alignées pour permettre aux enfants et aux parents de partir en vacances ensemble. Les congés payés débutant souvent le 14 juillet, les grandes vacances sont donc instituées entre le 14 juillet et le 30 septembre.

Dans les années 1950, la mécanisation de l’agriculture aidant, les enfants sont moins nécessaires aux travaux des champs et de plus en plus de familles, aidées par l’essor économique de l’époque, partent en vacances dès le 1er juillet, sans attendre la fin des moissons. Les autorités créent des dérogations pour permettre aux enfants de sécher les cours. En 1959, la date de début des vacances scolaires est fixée au 1er juillet et la rentrée s’effectue à la mi-septembre.

Dans les années 1980, l’agriculture n’est plus l’activité principale et on décide de raccourcir les vacances d’été. La rentrée scolaire est alors fixée au début septembre.

On le voit, les dates des vacances scolaires ont été édictées par l’évolution de la société d’un modèle agricole à un modèle industrialisé bien davantage que par des décisions politiques. Les dirigeants français se sont contentés de suivre le mouvement, tout en tâchant de faire croire qu’ils étaient les moteurs du changement.

Et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec notre époque.

Le développement d’Internet, l’arrivée des réseaux sociaux et maintenant de l’IA sont en train de bouleverser notre société.

Nos gouvernants essayent bien de légiférer pour mettre en place des garde-fous sur l’utilisation des réseaux sociaux, notamment pour les jeunes, de contrôler les interactions avec les IA mais, comme pour l’éducation nationale, ils n’ont pas vraiment la main sur les changements que nous sommes en train de vivre. Ils se contentent bien souvent d’acter ce qui est déjà dans les mœurs.

Car tout comme les agriculteurs ont décidé à leur époque de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, malgré la loi, parce qu’ils avaient un besoin crucial de leurs petites mains dans les champs, aujourd’hui, une grande majorité d’entre nous consomment des tokens IA, racontent leur vie sur les réseaux sociaux et s’insurgent contre tout contrôle que pourrait essayer de mettre en place l’État, parce que les réseaux sociaux sont primordiaux pour le commerce, parce que les IA sont essentielles pour le développement technologique des entreprises.

Chacun d’entre nous a ses raisons d’utiliser les réseaux sociaux ou l’IA. Chacun d’entre nous nous construit, par ses actions, un petit bout du monde de demain.

Les gouvernements auront beau essayer de contrôler, le peuple, nous, sera le véritable décisionnaire dans l’utilisation de ces nouvelles technologiques qui modifient notre monde en profondeur.

Alors ? Que déciderons-nous, collectivement, de faire de notre monde ?

Un ensemble de clans où règnent la haine, l’égoïsme et le chacun pour soi, ou une communauté unie, accueillante, où chacun pourra se sentir libre d’être ce qu’il veut ?

La balle est dans notre camp.

vendredi 25 juin 2021

Ecrivain et jeu de mots

Bonjour à tous,

les auteurs et autrices qui débutent cherchent toujours des astuces pour écrire mieux et plus vite. Et le conseil donné demeure toujours le même. Il faut écrire pour pratiquer son art, mais également lire. Cela tombe sous le sens, mais certains semblent réfractaires à l'idée.

Bon, je ne vais pas leur jeter la pierre. J'ai eu une période où je trouvais que la lecture compromettait mon écriture. J'avais beaucoup apprécié ma lecture en cours et, naturellement, je m'étais mis à écrire en imitant l'auteur que je lisais. Bien sûr, ça n'a pas duré... Comme on dit "Chassez le naturel, il revient au galop !". Et du coup, j'en avais été quitte pour recommencer ce que j'avais écrit. Et, je m'étais dit qu'on ne m'y prendrait plus et qu'il valait mieux que je cesse de lire pendant la période où j'écrivais, histoire de ne pas voir mon style perturbé par celui d'un autre. Ben oui, on est con, parfois...

Et puis, clairement, ce ne fut pas possible, vu que je passe mes journées à écrire... et depuis, j'ai réalisé que c'était surtout mon manque d'expérience dans l'écriture qui m'avait fait changer ma façon d'écrire au profit d'une autre. Aujourd'hui, avec un peu plus de bagages, lire ne me perturbe plus. Au contraire, cela m'est très utile. Quand je butte sur une scène, quand je veux faire passer une expression sur le visage de l'un de mes personnages, quand je veux décrire un geste, une attitude, quand je veux magnifier la présentation d'un endroit particulier, je m'appuie sur mes lectures. 

Studio Harcourt, Public domain,
via Wikimedia Commons

Et j'ai également réalisé que je manquais d'une certaine éducation littéraire. Ô, certes, j'ai lu tous les ouvrages que le système éducatif français m'a mis entre les mains, avec plus ou moins de plaisir, mais c'était il y a longtemps, un temps où ce n'était pas tant l'écriture que le contenu des livres qui m'intéressait. Du coup, j'essaie de varier mes lectures et de sortir du tout SF où je me cantonnais et j'avoue que je fais de belles découvertes. Boris Vian, notamment, il y a peu, et son pendant subversif Vernon Sullivan.

Donc, oui, lire est important, parce qu'on y apprend le métier, la façon de faire, certaines tournures de phrase, mais est-ce suffisant ?

Je vous en ai parlé dans un article précédent, Ecrivain et analogie, l'une des difficultés pour l'auteur est de trouver le mot juste. Et je vous avais parlé du dictionnaire analogique, très utile, mais on peut également entraîner son cerveau à trouver rapidement des mots. Pour cela, personnellement, je fais beaucoup de... mots fléchés.

Klever, Public domain

Oui, je sais, ça peut surprendre qu'un écrivain évoque les mots fléchés pour améliorer son écriture... mais c'est vraiment une bonne méthode pour jouer avec les mots, en apprendre de nouveaux, trouver des synonymes, évoquer un terme à partir d'une idée, d'un concept. Et puis, ce n'est plus vraiment du travail, plutôt un jeu. 


Bref, je vous conseille ! En plus de l'écriture et de la lecture, bien sûr !

A bientôt. 




vendredi 7 mai 2021

Book trailer du code Minotaure

Bonjour à tous,


ces derniers temps, j'ai vu fleurir sur Twitter quelques books trailers et du coup, ça m'a donné envie d'en faire un pour le code Minotaure.


Après tout, rien ne m'en empêchait. J'en avais déjà fait un pour L'héritier de Clamoria en y prenant beaucoup de plaisir. 

Les ennuis ont commencé quand j'ai réalisé que j'avais changé de PC depuis ce book trailer. Ben oui, 2016, ça fait tout de même quelques années...

Pas grave que je me dis, il suffit de recharger ledit logiciel... Oui, mais c'était lequel... Heureusement, j'avais conservé les rushs de Clamoria et grâce aux extensions, j'ai pu retrouver le logiciel.

Je l'ai ouvert et WTF ? Je ne reconnaissais plus rien du tout... Je l'ai refermé et là, j'avais deux options. Soit abandonner et reprendre l'écriture, soit me faire plaisir en réapprenant à l'utiliser. Ah, j'avais une troisième option : utiliser Canva. Mais je ne sais toujours pas pourquoi, Canva avait jugé bon de bloquer mon compte auquel je n'avais accédé qu'une fois, il y a très longtemps. Du coup, ben, pas de Canva... C'est le destin, on va dire. Et donc, quelle option j'ai choisi à votre avis ?

Il m'a fallu plusieurs jours pour me réapproprier la bête... Ah, c'est vrai, je ne vous ai pas dit de quelle bête il s'agissait. VSDC Free Video Editor. Et donc, après le visionnage de multiples tutoriels en vidéo et la lecture de nombreuses pages d'explications, plusieurs cheveux blancs en plus et des cernes plus visibles, j'ai réussi à pondre un booktrailer dont je suis assez fier, je dois dire... 

Allez, je vous montre...


Alors ? Ca vous plaît ?

A bientôt


vendredi 30 avril 2021

Ecrivain et analogie

Bonjour à tous,

aujourd'hui, je vais vous parler d'analogie... et plus particulièrement de dictionnaire analogique. Vous connaissez ? Non ? Alors, vous tombez bien !

Deux des gros soucis des écrivains et écrivaines sont de ne pas faire trop de répétitions dans leur texte, mais également de trouver le mot juste. En gros, d'avoir du vocabulaire. C'est pour ça, notamment, qu'on conseille toujours aux auteurs et autrices qui débutent de lire...

On ne la présente plus
La 9ème édition du dictionnaire de l'académie française répertorie près de 60 000 mots. Il y a de quoi faire, n'est-ce pas ?

Oui, mais trouver le mot juste, cela ne signifie pas se contenter d'ouvrir son dictionnaire et de chercher. Si on veut éviter une répétition, le dictionnaire des synonymes suffit généralement amplement, mais bien souvent, on a le sens que l'on recherche, mais aucune idée de la façon dont cela peut se dire en français soit parce qu'on ignore l'existence du terme exact, soit parce qu'on l'a sur le bout de la langue et que ben... pas moyen de mettre le doigt dessus (sur le mot, pas sur la langue, après, c'est vous qui voyez, hein).

Mon dictionnaire en ligne préféré
C'est dans ces cas-là qu'un dictionnaire analogique est bien utile et personnellement, je ne peux plus me passer du mien. Alors, qu'est-ce ?

Un dictionnaire analogique est un dictionnaire dans lequel les mots sont groupés selon leur rapport de sens. Le premier dictionnaire de P. Boissière avait pour but d'être un répertoire "des mots par les idées et des idées par les mots". Son rôle est de remédier aux défaillances de la mémoire, à la défaillance verbale, soit en faisant rappeler des mots oubliés, soit en faisant découvrir des mots inconnus par le jeu des analogies.

On voit qu'il a vécu
Ces quelques lignes sont tirées de l'avant-propos de mon dictionnaire analogique Larousse et forment une belle explication. Non ? Vous voulez un exemple ? Très bien.

Disons que je suis en train de décrire un personnage et qu'il a un nez avec une forme particulière. Il y a beaucoup de termes pour désigner les formes de nez, mais je ne les connais pas. Du coup, j'ouvre mon dictionnaire analogique à "nez" et je trouve : droit, grec, busqué, bourbonien, crochu, aquilin, etc. Bref, j'ai eu du nez de m'offrir ce dictionnaire pour travailler. Et c'est pareil pour trouver une coloration précise, une pièce de moteur, un élément de l'anatomie humaine, etc.

Pour moi, c'est un vrai petit bijou que ce dictionnaire et si vous débutez dans l'écriture, je vous recommande vivement d'en faire l'achat ou de vous le faire offrir. Je tiens à préciser que je n'ai aucune action dans les dictionnaires analogiques. 

Et si vous voulez voir le résultat que ça donne, je vous invite à lire mes livres. Ils sont tous écrits avec l'aide, à un moment ou à un autre, de mon cher dictionnaire analogique.

A bientôt

vendredi 5 mars 2021

Ecrivain et clavier

Bonjour à tous,

Gerd Altmann Pixabay 

je vois souvent sur Twitter (le seul réseau social où je traîne), des apprentis auteurs et autrices qui se demandent combien de signes ou mots, ils doivent écrire par jour et, bien sûr, chacun de donner des pistes, selon ses propres "performances" et rythmes de travail.

Et donc, non, je ne vous donnerai pas de nombre de sec ou de mots à écrire par jour, le métier d'écrivain ne se limitant pas, pour moi, au nombre de sec ou de mots écrits par jour. D'ailleurs, viendrait-il à l'idée de qui que ce soit de demander à un peintre combien de tubes de gouache il utilise par jour ? Ceci dit, se donner des objectifs d'écriture peut être un bon plan, mais je vous en parlerai, peut-être, une autre fois.

Non, mon propos aujourd'hui est vous parler de confort d'écriture et s'adresse plutôt à ceux qui, comme moi, ont décidé de lâcher leur crayon pour un clavier.

1shortdesign Pixabay

Il y a quelques années de cela, j'écrivais mes premiers romans, finissant mes séances d'écriture avec des douleurs récurrentes dans les épaules. J'utilisais alors le clavier de mon ordinateur portable, bien trop étroit pour moi, et qui m'obligeait à serrer les épaules pour écrire. J'ai donc opté pour un clavier externe. Mais si cela a arrangé mes soucis d'épaules, ce sont mes poignets qui m'ont fait souffrir, au point que j'ai dû parfois ajourner ou stopper une séance d'écriture.

N'en pouvant plus de ces douleurs, j'ai cherché une solution à mon souci sur le Net. Fallait-il que je change de clavier ? Que je change de position ? Et, en fait, rien de tout cela.

Non, il me fallait juste à apprendre à utiliser un clavier... Et oui, ça s'apprend... Actuellement, je tape sans regarder mon clavier, avec les deux mains et tous les doigts (les bons jours), et même si ma frappe n'est sans doute pas aussi rapide et précise que celle d'une ou d'un secrétaire, elle me permet de ne plus avoir de douleurs en fin de séance.

Apprendre à utiliser mon clavier m'a donc permis de réduire mes douleurs, mais également de gagner en vitesse de frappe et surtout, surtout, d'améliorer mon travail en tant qu'écrivain. Comment ? Tout simplement parce que je n'ai plus besoin de songer à la touche sur laquelle je dois appuyer pour écrire. Je peux garder en tête les mots que je veux écrire et laisser mes doigts courir sur le clavier de manière automatique.

Il y a de nombreux cours en ligne gratuit à suivre avec un minimum d'assiduité pour pouvoir acquérir une bonne vitesse de frappe et l'utilisation de tous les doigts. Personnellement, j'ai tout de même renoncé à utiliser les petits doigts. ^^

Il a beaucoup d'heures d'utilisation derrière lui...

Il y a aussi le choix du clavier qui peut être important. Le mien est un Logitech Illuminated Keyboard K740. Je l'ai choisi à cause de la pression à exercer sur les touches pour écrire, ni trop grande ni trop faible, idéale pour moi. Et le fait qu'il s'allume quand il fait trop sombre est vraiment un plus pour moi. Et non, je ne sais pas taper sur mon clavier dans le noir s'il n'est pas lumineux, même si je ne regarde pas les touches. Ne me demandez pas pourquoi. Je l'ignore... 

Donc, choisissez-vous un bon clavier, avec lequel la frappe est confortable. Vous allez passer beaucoup d'heures à l'utiliser et il faut que vous soyez bien pour donner le meilleur de vous-même dans vos écrits.

Et pour le fun, ma vitesse de frappe sur le site dactylocours.com est de 320 CPM. Et vous ?

A bientôt


vendredi 12 février 2021

Ordre de lecture Essentia Hominis

Bonjour à tous,

Gerd Altmann Pixabay

on me demande régulièrement si on peut lire les tomes de Essentia Hominis, ma série de techno-thrillers, indépendamment les uns des autres.

Et la réponse est Oui !

On peut même lire un seul tome, si on veut, bien que je pense la série suffisamment addictive pour entraîner la lecture des autres tomes dans la foulée. Il faudra me dire...

Math Smith @BBC
Le seul hic, c'est que vous raterez l'évolution des personnages et de leurs sentiments l'un pour l'autre. C'est un peu comme regarder deux épisodes du Docteur Who dans un ordre non chronologique. Il n'y a aucun souci à suivre l'histoire, mais il existe un fil rouge entre les épisodes qu'on perd de vue.

Mais c'est possible et donc, si seul un thème technologique vous intéresse, n'hésitez pas à ne lire que le tome où j'en parle.

Pour mémoire...

Kevin King de Pixabay
Le code Minotaure parle d'Internet. Un fou veut le réduire à néant et Dimitri et Roxane tenteront de l'en empêcher ! Parce que... vous vous imaginez, vous, vivre sans Internet ? Si vous êtes sur ce blog, je pense que la réponse est clairement "non".

Brigitte Pixabay

Le génome Walkyrie aborde le thème des modifications génétiques sur les êtres humains. Des femmes qui se ressemblent étrangement hantent la ville de Londres. D'autres femmes disparaissent. Dimitri et Roxane enquêteront et découvriront des bas-fonds qu'ils n'auraient pas dû voir... Vous accepteriez d'être modifié génétiquement, vous ? Moi, je prendrais bien un peu du chat... C'est si gracieux et agile, un chat.
La singularité Pandore a pour thème la CA ou Conscience Artificielle. Je préfère utiliser ce terme de "conscience artificielle", car "intelligente artificielle" est mis à toutes les sauces, à présent. Le moindre programme informatique conçu par deep learning est qualifié d'intelligence artificielle et pourtant, ces programmes sont très loin d'être les intelligences artificielles décrites dans les œuvres de science-fiction... Dimitri et Roxane partiront à la recherche d'une petite fille qui les appelle à l'aide et ils ne seront pas trop de deux pour déjouer tous les pièges de cette aventure. Perso, j'aimerais beaucoup en rencontrer une, de conscience artificielle. Je me demande quel serait son point de vue sur l'humanité, si elle en a un... Elle ne montrerait très certainement aucun intérêt à notre égard.

Sergei Tokmakov Pixabay
Le syndrome Gorgone se préoccupe des nanotechnologies. On en parle peu, je trouve, alors que c'est probablement la prochaine grande révolution de notre quotidien. Dimitri et Roxane se lancent à la poursuite d'une voleuse très particulière. Ajoutez à cela le patron de la mafia locale qui a une dent contre eux et cela vous donne une idée de l'ambiance... tendue... Ce qui est bien avec la nanotechnologie, c'est qu'elle peut être déjà là, autour de nous, sans même qu'on puisse s'en douter alors parano ou pas parano ? Tiens... un moustique...

@Boston Dynamics
J'ai failli oublier... La mécanique Fenrir ! C'est une courte nouvelle, mais c'est une bonne entrée en matière dans mon univers. On y parle d'un chien robotique, un peu comme ceux développés par Boston Dynamics ! Ces robots peuvent être effrayants, mais je vois surtout le génie humain dans leur conception, et ils pourront très certainement se rendre utiles dans le futur.

Bref, vous pouvez lire ces 4 romans et nouvelle dans l'ordre que vous désirez. 

A vous de choisir !

Internet
Génétique
CA
Robotique
Nanotech

Bonne lecture !




vendredi 5 février 2021

TW ou pas TW ?

Bonjour à tous,

Gerd Altmann Pixabay
il y a quelques temps, un débat a éclaté sur Twitter sur l'opportunité ou pas de mettre des TW dans les romans et je voulais revenir sur ledit débat.

Alors, déjà, qu'est-ce que sont les TW ? Ce sont des Triggers Warnings, en français des avertisseurs de déclenchement. Ce sont des avertissements censés prévenir l'utilisateur que le contenu qu'il va lire ou visionner contient des éléments déclencheurs d'un rappel de traumatismes, genre araignées en goguette ou massacre avec une tronçonneuse, ce type de joyeusetés...

La question sur Twitter était de savoir s'il fallait utiliser les TW, au nom du respect de la sensibilité des lecteurs, ou au contraire, les éviter, histoire de ne pas infantiliser son lectorat.

Ce débat se déroulait à un moment particulier pour moi, car je venais juste de rééditer La Pucelle et le Démon. Et ceux qui l'ont lu savent qu'il contient certaines scènes qui peuvent heurter, disons, la sensibilité des plus jeunes. Je me rappelle du rouge aux joues de mon paternel quand je lui ai demandé ce qu'il en avait pensé et qu'il s'est étonné de certaines scènes que j'y avais écrites. Ce n'est qu'alors que j'avais tilté que bon, voilà quoi... Ahem....

Pourtant, jusqu'à ce que je lise ce débat sur les TW, j'avoue que je ne m'étais pas spécialement posé la question de savoir si La Pucelle et le Démon pouvait tomber sous des regards préparés ou pas. Pour moi, c'était limpide, simple. Le roman était classé en littérature adulte et donc, c'était des adultes qui allaient le lire et, du coup, ils étaient forcément préparés à encaisser. C'était des adultes, quoi. Et puis, bon, ce n'est pas un roman d'horreur non plus. Il ne contient pas de scènes de sexe débridées... Il y a des romans bien plus atroces dans leur description de certaines scènes et des programmes télévisuels qui exhibent bien plus d'images de sexe et de violence. Non, vraiment, je m'estimais petit joueur sur ce coup...

Et puis, j'ai songé à cette amie victime d'une agression sexuelle et qui semblait apprécier mes écrits. Avait-elle lu mon roman ? Est-ce qu'elle avait été choquée ou pire, avais-je fait remonter chez elle un traumatisme ? Et les autres ? Ceux que je ne connaissais pas, dont je ne connaissais pas le passé ? Est-ce que je pouvais décemment laisser des lecteurs et lectrices tomber, sans prévenir, sur certaines scènes ? 

Clairement, pour moi, c'était non ! Mais comment m'y prendre ?

Adina Voicu Pixabay

Parce que les TW, c'est bien, mais cela revient à établir une liste de tous les traumatismes que le roman pourrait potentiellement induire. Et clairement, il est impossible de connaître ou même d'imaginer tous les traumatismes vécus par une personne. Pour preuve, un de mes proches a la phobie des papillons de nuit... et à mon avis, c'est pas courant. Mais quand il raconte pourquoi, je peux vous assurer qu'à sa place, moi aussi, je serais phobique des papillons de nuit... Brrr... Bref, une liste de TW sera forcément non exhaustive. On me rétorquera que peu importe, qu'au moins, j'aurai fait une liste des peurs les plus courantes... Je répondrai que je me sentirais coupable de laisser penser à un lecteur potentiel qu'il peut ouvrir mon roman sans frémir, en toute confiance, et qu'il le referme, rempli d'effroi, parce que je n'ai pas songé à sa phobie particulière. Et puis, je ne sais pas vous, mais perso, j'estime que certains mots peuvent aussi bien servir de déclencheur que la scène d'un roman. Si je dis à mon proche qu'il y a des papillons de nuit dans mon roman, même si je ne lui en donne pas les circonstances précises, ça m'étonnerait que cela n'évoque pas l'insecte pour lui, et que cela ne lui rappelle pas de mauvais souvenirs. Du coup, faire une liste avec "papillon de nuit" dedans, je trouve ça un peu maladroit. Et puis, cette idée de décortiquer un roman, de l'analyser dans ses moindre détails et d'en exposer les entrailles, façon pièce de viande sur les étals d'un boucher, pour en extirper tous les traumas possibles, ça ne me disait définitivement rien. C'est clairement pas mon truc... 

Mais tu avais dit que tu voulais prévenir tes lecteurs et lectrices ! Tu l'as dit ! 

Pegi
Mouais... Vous aussi, vous regardez des films et des séries à la télé ou sur les plateformes de streaming, genre Netflix ou Amazon Prime Video ?  Vous avez remarqué la signalétique jeunesse ? Ces interdits aux moins de 10, 12, 16 et 18 ans ? Bon, je vais vous avouer un truc... Je suis empathe et, du coup, j'ai beaucoup de mal avec les images violentes. Sans aller jusqu'à ressentir la douleur de la victime, je m'imagine assez bien la chose et... je préfère éviter ce genre d'œuvres... Jusqu'ici, je me basais sur la signalétique jeunesse. Et oui, il n'y a pas de signalétique adulte. Je vous l'ai dit, un adulte, ça supporte tout... (ironie inside). C'était simple. Quand c'était interdit aux moins de 16 ans, c'était niet... mais il est arrivé que je ne visionne pas un film ou une série alors qu'en fait, je pouvais très bien supporter les images parce qu'il n'était pas question de violence interdite aux moins de 16 ans. D'autres facteurs, comme le sexe ou la nudité, par exemple, imposaient cet avertissement. Du coup, comment savoir ? Bon, pour le sexe, c'est assez évident... mais pour le reste ?

Homelander (Antony Starr)
Et dernièrement, est apparu sur Netflix, des précisions sur ce qui motivait leur signalétique jeunesse : sexe, drogue, langage grossier, nudité, violence, sexe violent, discrimination... Du coup, mon problème était résolu. Je savais à quoi m'attendre et je savais ce que je pouvais regarder ou pas. J'ai même décidé de regarder The Boys ! Parfois que d'un œil et d'une oreille, mais je l'ai fait... Bon, pas encore toute la saison 2. Aussi, merci de ne pas me spoiler... 

Mais... mais... tu disais être contre les TW et finalement, tu apprécies quand on te détaille... C'est vrai. Ca peut sembler contradictoire, mais en fait, non. Netflix catégorise sans entrer dans le détail. Et cette façon de faire me convient nettement plus qu'une longue liste détaillée. 

Du coup, j'ai voulu faire pareil pour mon roman et je me suis posé la question de savoir ce qui pouvait amener une lectrice ou un lecteur à ne pas apprécier sereinement La Pucelle et le Démon. En fait, c'était assez évident. Il y a des scènes de sexe à ne pas mettre entre toutes les... sous tous les regards, des luttes violentes inévitables en cette guerre de Cent Ans, et Sidoine et Arkshaar, son démon, font de nombreuses compétitions de jurons fleuris.

Pegi

Mais est-ce que je pouvais décemment n'indiquer ainsi que les points "négatifs" de mon roman ? Si je mettais une annotation précisant qu'il y avait de la violence, du sexe et des jurons, est-ce que je n'allais pas attirer des lecteurs venus là uniquement pour le sexe ou la violence et qui seraient frustrés par leur lecture ? Est-ce que je ne dégoûterais pas un lecteur ou une lectrice lambda alors que le roman est surtout axé sur la romance, l'humour et un petit bout de femme, Oriane, qui, avec courage et pugnacité, tient tête à tous ces mâles testostéronés ? Clairement, ça n'allait pas. Si je devais évoquer les points licencieux, il fallait également que je présente les attraits du roman.

Couverture de Pascal Quidault
Du coup, voici l'avertissement que j'ai concocté pour Amazon.

À lire si vous aimez :
- les personnages féminins forts
- les romances sans eau de rose
- l’humour

À éviter si vous détestez :
- la violence d’un champ de bataille
- le langage ordurier
- les relations charnelles grivoises

Ainsi, plus d'erreur possible... et j'espère plus de trauma...

Et vous, lecteurs et lectrices, auteurs et autrices ? TW ou pas TW ?

A bientôt